PRESSBOOK MCBT 2024
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NOS ARCHITECTES DE DEMAIN Sans transition, ou presque, il m’a semblé intéressant ce mois-ci d’approcher ces acteurs au cœur de la construction, la réhabilitation, l'adaptation des paysages et des édifices publics ou privés, à usage professionnel, industriel, commercial ou d'habitation… Le rôle de l’architecte est de répondre aux attentes de chaque usager, en veillant au respect de l'intérêt collectif ; son concours est obligatoire pour l'établissement du projet. Au sein de l’ENSA Nantes-Maurice, des enseignants mauriciens et français, riches d’expertises diverses, nourrissent chacun des projets architecturaux (placés au cœur de la formation) des étudiants. « Chaque semestre permet d’explorer des thématiques variées stimulant notre créativité, me confie Tom Girard, étudiant en Bachelor 3 - Architecture & Urbanisme. Les voyages d’études en Inde ou à Madagascar nous initient à une compréhension de l’architecture mondiale, tandis que les projets locaux à Maurice permettent d’ancrer une réflexion dans les réalités concrètes de l’île, préparant ainsi notre rôle d’architecte de demain ». Je l’interroge alors sur l’intégration du multiculturalisme de notre territoire, aux confins de l’Afrique, de l’Asie et de l’Europe, dans lesdits projets locaux. « Sur l’île, le multiculturalisme est une richesse, mais en architecture, cette diversité se perd, face à l’omniprésence du béton, dont l’approvisionnement est facile et le coût relativement bas. » Bien que néophyte, je constate comme beaucoup que les réalisations, en plus d’être très bétonnées sont résolument très européanisées. Comment pourrait-on, en ce cas, exploiter ladite richesse multiethnique ? « En été, il fait chaud et la climatisation remplace la ventilation naturelle. L’île pourrait s’inspirer des techniques de pays aux climats similaires, comme l’Inde ou l’Asie du Sud-Est, avec des matériaux comme la terre cuite ou le bambou, en incorporant des dispositifs bioclimatiques. Mon voyage à Chennai, axé sur les techniques architecturales traditionnelles et vernaculaires, m’a fait prendre conscience de l’importance du savoir-faire local dans les choix des matériaux et leurs fonctionnalités. » Face au ciment et aux parpaings, terriblement énergivores, il convient évidemment de privilégier des éléments naturels à forte inertie thermique (donc très isolants) qui conservent la fraîcheur, tels que le bois, la pierre, la brique, la paille et certains types de béton… Pour Tom, « l’émergence de filières locales et renouvelables de matériaux de construction pourrait être une solution ». Autre cheminement conceptuel, conforme aux principes fondamentaux de santé et de bien être, l’architecture biophilique introduit la (notion de) nature dans les espaces de vie et de travail. Emmanuel Marchand, étudiant en Master - Architecture & Urbanisme, nous éclaire sur le sujet : « Répondant au besoin inné de connexion à l’environnement naturel, cette approche enrichit les espaces d’une dimension sensorielle, en stimulant les sens. Les matières naturelles
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